Thierry Neuville en maître

S’il partait assez logiquement favori, notre duo de représentants en WRC Neuville-Gilsouln’avait pas nécessairement partie gagnés. Loin s’en faut ! Déjà parce que Ypres ne lui avait jusque-là pas vraiment réussi, ensuite parce qu’il devait s’accoutumer - ceci tant au niveau de la définition technique de la voiture que des pneus - à la version R5 de la Hyundai i20, dont il disposait plutôt que son habituelle WRC. Il est vrai rapidement débarrassé de Bouffier-Panseri (Skoda Fabia, sortie ES2) et Abbring-Tsjoen (Citroën C3, bris de moyeu ES3), le duo Hyundai a progressivement appris la R5 et gagné en confiance jusqu’à triompher pour la première fois à Ypres. Alors qu’il a fêté ses 30 ans voici moins de 10 jours, Thierry signe là une belle victoire qui ne peut faire que du bien au moral pour la suite en mondial des rallyes.

Derrière, la lutte est restée serrée jusqu’au dernier mètre entre Verschueren-Hostens (Skoda Fabia R5 #46) et Princen-Eelbode (Skoda Fabia R5 #6). Et si ce dernier revenait à 4"5 à 2 spéciales de la fin, le Champion de Belgique en titre parvenait à contenir les derniers assauts de son rival pour le devancer à l’arrivée de 9"6 et ainsi encore accroître un peu son avance au championnat 2018. Si l’on excepte Abbring, auteur du 3e temps de la QS, le podium final est celui de ladite QS, et dans l’ordre…

Au 4e rang, Cherain-Cuvelier (Skoda Fabia) a accompli une belle course abordée intelligemment. C’est pourtant lui qui choisissait d’ouvrir la route vendredi, estimant que ce serait sans doute pire de partir 8e que 1er… Bien lui en pris ! Rapidement intégré au top 10, il accédait même au top 5 dès le 6e chrono.

Derrière lui, Bedoret-Walbrecq (Skoda Fabia) a réalisé lui aussi une course d’autant plus remarquable que c’était sa première participation ici avec une R5. Intelligent, posé, à l’écoute de son coach (Freddy Loix), il signe un résultat de tout premier ordre, devant Fernemont-Maillen (Skoda Fabia) qui a connu une fin de parcours difficile, puisqu’il a perdu plusieurs dizaines de secondes sur les deux seules dernières spéciales. Sa prestation n’en demeure pas moins honorable.

Derrière Kobus-De Wild (Skoda Fabia), 7e,  Edwards-Garrod (Ford Fiesta) est le duo vainqueur surprise du MSA BRC. Au terme d’un week-end parsemé de soucis divers dès le shakedown, il profite d’une crevaison de Cronin-Galvin (Hyundai i20) dans le dernier chrono pour signer sa deuxième victoire sur la deuxième course du championnat anglais 2018. Premier leader britannique, il chutait de la 6e place absolue au 13e rang au terme de l’ES 9 suite à une pénalité de 1’10". La suite, on la connait. La sortie de McCormack-Moynihan(Skoda Fabia) dans l’ES 20 et la crevaison de Cronin lui ont offert cette inattendue victoire sur un plateau d’argent. Edwards devance Bogie-Rowan (Skoda Fabia) et Cronin qui clôturent le top 10, de respectivement de 18"0 et 25"6.

Parmi les autres abandons notoires, nous citerons les sorties de Veiby-Skjærmoen (reparti samedi), de Mévius-Wydaeghe, Vanneste-Snaet et Demaerschalk-Vanneste. Reparti lui aussi samedi, Abbring-Tsjoen (Citroën C3) a subi une casse mécanique vendredi. Le temps de reprendre confiance, la paire néerlando-belge a progressivement amélioré ses temps samedi tout en apprenant la voiture et en la faisant progresser.

Du côté des Porsche (RGT-N), la domination de Snijers-Thierie fut totale… mais pas suffisante. Victime d’un souci d’embrayage sur les ultimes kilomètres, il laisse la victoire à Tanghe-Squedin, qui plus tôt avait profité d’une crevaison de Van Woensel-Pattyn pour devenir le dauphin de l’inaccessible Porsche BMA numéro 32. A noter aussi la crevaison, avec changement de roue, de Monnens-Vandaele (ES7) ; sachant qu’il était alors 4e devant Van Woensel, voilà sans doute de quoi entretenir quelques regrets…

Enfin, en RC4, ce sont les voisins d’outre-Manche qui ont donné le ton. Installé en tête dès le premier chrono, Williams-Whittock (Vauxhall Adam) perdait 25" dans l’ES11 et laissait le leadership aux Peugeot des Belges Pyck-Mourisse et Wagemans-Hanssens, séparés par… 0"5 ! Mais les choses se décantaient au fur et à mesure au point que Williams retrouvait sa position de tête dès l’ES15, cette fois pour ne plus la quitter. Pyck ayant renonce sur Vleteren (ES21), c’est Wagemans qui termine 2e, tandis qu’au terme d’une cours intelligente, Munster-Louka (Opel Adam) grimpe sur le podium… au contraire de ce qu’avait prédit papa !

Posted by Jan

Ypresrally